Alex-Mot-à-Mots

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Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

21 septembre 2022

Croatie, fait divers

La femme du deuxième étage, c’est Bruna, tout juste mariée avec Frane. le jeune couple habite l’étage au-dessus de la mère de Frane dans la maison familiale.

Mais Frane est souvent en mer pour de longues périodes, et Bruna se sent seule avec sa belle-mère qui fait tout.

J’ai aimé que la tension monte petit à petit : que va-t-il se passer ? Comment va réagir Bruna ?

J’ai découvert la bora, ce vent qui souffle sur l’Adriatique.

J’ai aimé que l’auteur me parle de la Croatie actuelle où les stigmates de la guerre et du communisme ne sont jamais loin. Une Croatie qui se tourne vers l’Occident.

J’ai aimé cette jeune femme qui se débat pour avoir la vie qu’elle veut, son rapport compliqué avec sa mère, et encore plus avec sa belle-famille.

Un roman que j’ai trouvé moins fort que L’eau rouge, le précédent de l’auteur, mais qui m’a passionné tout de même.

L’image que je retiendrai :

Il est beaucoup question de cuisine dans ces pages, à base de tomates, d’oignon, et d’autres ingrédients qui doivent fleurer bon dans la casserole.

Monologue contre l'Identité

Grasset

12,00
21 septembre 2022

identité

Delphine HORVILLEUR imagine le fils d’Emile AJAR qui s’en prend violemment à toutes les obsessions identitaires du moment.

Encore une fois, la seule rabbin de France touche juste, et j’ai senti que cette question de l’identité, ou plutôt des identités lui tenait à coeur.

Un texte court mais fort et non dénué d’humour, dont j’ai surligné pleins de passages.

Quelques citations :

Le refus de Gary de se laisser définir par une identité ou une seule définition de soi à beaucoup à voir, à mon sens, avec sa judéité. D’une certaine manière, sa défiance à l’égard de l’identité fait de lui un auteur très juif.

… s’assurer de n’être jamais complétement soi-même, en rendant toute sa place à l’étranger en soi. Savoir ainsi, où que l’on se trouve, qu’on ne sera jamais complètement à la maison.

Parce que le message (d’Abraham) était on ne peut plus clair : Quoi qu’il arrive, hors d’Ur tu es, hors d’Ur tu resteras !

Je suis pour polluer toutes les “identités”. Pour que puisse à nouveau circuler la conscience claire de tout ce que l’existence doit au mélange.

Bref, en hébreu, tu peux “avoir été” et tu peux “être en train de devenir”, mais tu ne peux absolument pas être… ni binaire, ni non binaire, ni homme, ni femme. Tu as été et tu deviendras, mais tu es forcément en plein dans ta mutation. En clair, l’hébreu, c’est la langue des trans.

Un bon traumatisme, ça s’imprime sur plusieurs générations. Ca dégouline sans gêne. Mais si y’avait pas eu la Shoah, on n’aurait jamais pu le savoir. On doit tant à l’Allemagne.

Guillaume Perilhou

Éditions de l'Observatoire

17,00
21 septembre 2022

adolescence, transidentité

Le titre est tiré d’une chanson de Lou Reed “Kill your sons” sortie en 1974. Cette chanson, comme le roman, parle de HP et de fils en danger.

Guillaume est un adolescent qui a subit les attouchements de son père et dont la mère ne sait pas s’occuper de lui.

Guillaume se sent fille à l’intérieur, aime jouer à la poupée et s’habiller en fille.

Mais ses crises d’angoisse vont l’emmener à l’hôpital psychiatrique en unité adulte.

J’ai préféré la seconde partie qui décrit le quotidien de Guillaume, son amitié avec Clément, un ado anorexique.

J’ai trouvé ces deux personnages bien seul dans cet hôpital, avec des traitements uniquement médicamenteux.

J’ai eu de la peine pour Raffaella, le double féminin de Guillaume qui disparait peu à peu. Elle était flamboyante Raffaella, pleine de vie.

L’auteur laisse deviné l’origine de la souffrance de son personnage.

Un premier roman doux-amer sur un amour impossible.

Une citation :

Les psychiatres ont l’assurance apparente des curés, les mains sèches et le pas lent, un pouvoir canonique. (p.78)

L’image que je retiendrai :

Celle de Guillaume empruntant des bijoux pour faire vivre Raffaella.

21 septembre 2022

famille

Par petites touches, nous découvrons l’enfance de Magda avec une mère dépressive qui ne se lève plus, un père qui a refait sa vie et l’a confié à ses parents Marcelle&Michel.

J’ai aimé la ténacité de Magda qui découvre sa mère Apollonia vivant dans un capharnaüm en marge du village, découvrant une femme dans un autre monde.

J’ai aimé découvrir le secret d’Apollonia, celui qui l’a plongé dans un désert blanc.

J’ai aimé les citations tirées d’Antigone parsemant le texte.

J’ai hérissé ce roman d’un tas de post-it.

Quelques citations :

Magda pleure les années passées à attendre (…). Toutes ces années à croire qu’un regard peu remplacer celui qui s’est détouré. (p.78)

elle a peur des coups qu’elle pourrait se porter à elle-même. Une saturation d’émotions qui ne se résorberait que par un écoulement de sang. (p.111)

comment t’expliquer comme Antigone m’a guidée ? (p.139)

Elle sait seulement qu’à travers les siècles, Antigone, à travers ses différents auteurs, Antigon a marché jusqu’à elle et qu’ensemble, elles deux, à la vue de tous (…) elles ont rendu hommage, au péril de leur vie, aux défunts quels que soient leurs noms. Ils sont une multitude. (p.175)

L’image que je retiendrai :

Celle de Magda plantant sa tente 2 secondes dans le jardin de sa mère puis dans son couloir et enfin dans son salon, s’imposant peu à peu dans son univers.

8 septembre 2022

feel-good

Un roman feel-good japonais (ça change) qui se lit facilement et propose une réflexion sur le besoin de changer soi-même avant de vouloir changer les autres ou les événements.
Le cadre est original : un café nommé Funiculi Funicula, logé au sous-sol d'un immeuble.
Les règles pour pouvoir aller dans le passé ou le futur sont strictes.
Mais il ne me restera pas longtemps en mémoire.