Sabine D.

par (Libraire)
13 janvier 2022

Un autofiction jubilatoire !

Julia Kerninon revient avec une nouvelle autofiction : à présent mère de deux enfants, est venu le temps de l’apaisement et des questionnements sur ce nouveau statut et état. En quête de jouissance d’un autre ordre, celle qui revient avec nostalgie sur ses amours passés et ce continent qu’elle a exploré sans relâche, celui fait de désordres, de travail et d’écriture de livres, est parvenue dans un autre pays, celui de la maternité. Celle qui fait toucher la terre ferme est évoquée avec beaucoup d’autodérision, de lucidité, de jubilation et de sentiments ambigus rythmant ce texte incisif. La plume est toujours aussi convaincante, le style est rageur et suave à la fois. Sans concession et avec une grande générosité l’auteure partage le plus intime.

20,00
par (Libraire)
13 janvier 2022

Une lecture réjouissante !

Lorsque la Faucheuse emmène le Farceur ce 21 février 1673, sa veuve Armande, Désirée, son complice et son bourreau, Pierre Corneille, son élève admirateur, Le Petit, et son Accoucheuse de théâtre, Madeleine Béjart prennent la parole tour à tour pour évoquer leur Molière. En cette nuit de deuil, celles et ceux qui ont grandi, mûri et bonifié avec lui, dressent le portrait de celui pour qui le théâtre est une matière vivante et la poésie faite pour passer en bouche. Le mystère autour du pacte scellé entre Molière et Corneille est évoqué : le Farceur avait le talent de la vie, doté d’une faculté à attirer l’attention et à susciter l’engouement, en digne Bouffon de sa Majesté, tandis que le Vieux, homme de plume, de silence et de réflexion préférait rester dans l’ombre. Le ton est enlevé et rapide, nous plongeant dans le tourbillon du XVIIème siècle, où ces deux génies ont apporté leur pierre à l’édifice du théâtre. Une lecture réjouissante !

Evie Wyld

Actes Sud

22,50
par (Libraire)
13 janvier 2022

Roman dans l'ambiance des embruns écossais

Dans une demeure écossaise face à Bass Rock, l’île aux fous de Bassan, l’histoire progresse en alternant trois périodes et trois personnages féminins principaux, évoluant dans un lieu chargé de fantômes : Viviane, une quadragénaire célibataire un peu paumée assure le gardiennage de cette maison familiale mise en vente en ce début de XXIème siècle ; Ruth, mariée à un homme veuf avec ses deux enfants qui l’a installée dans cette même maison après la Seconde Guerre mondiale ; Sarah, adolescente de 14 ans, accusée de sorcellerie au XVIIIème siècle, sauvée de la vindicte populaire par un pasteur et son fils. Au fil des pages, nous découvrons les liens reliant ces femmes à travers les secrets qui les tourmentent. L’îlot de Bass Rock, tel un observateur immuable, calme et imperturbable assiste à leurs vies, séries d’erreurs sans intérêt ou heureux concours de circonstances, soumises aux désirs des hommes et à leur violence. L’auteure nous enveloppe dans les embruns mystérieux de l’Ecosse pour mieux nous plonger au cœur de ces femmes solidaires et en marge des sociétés des différentes époques.

Albin Michel

24,00
par (Libraire)
7 janvier 2022

Un témoignage touchant et instructif !

Dans le Dakota du Nord, en 1953, Thomas, veilleur de nuit dans une usine de pierres d’horlogerie où travaille une majorité d’employés issus de la Réserve indienne de Turtle Mountain, s’engage dans la lutte contre une loi sur l'assimilation visant à supprimer les tribus comme entités collectives, dans la tradition d’appropriation de leurs terres. Au sein de cette Réserve, on assiste à l’errance, au sens propre et figuré de nombreux personnages, à la recherche d’une vie douce, pleine et en harmonie avec leur culture, sur les terres de leurs ancêtres, sous la bienveillance des esprits et des fantômes. Ce roman, inspiré par la vie du grand-père de l’auteure qui appartenait à la 1ère génération née sur cette réserve et qui a lutté pour une dynamique d’auto-détermination des peuples autochtones, aborde de nombreuses questions telles que le statut des Indiens, la place des femmes, la gangrène de l’alcoolisme, la violence sociale et économique et la lutte pour le droit à la conservation des terres ancestrales. La plume bienveillante de l’auteure nous rend attachants chacun des protagonistes, engagés à la fois dans un combat personnel et collectif sous le signe de la dignité et de la reconnaissance. Un témoignage touchant et instructif !

Sabine Wespieser Éditeur

20,00
par (Libraire)
6 janvier 2022

Un bouleversant conte humaniste !

Le narrateur, un journaliste de 53 ans, est plongé depuis des années dans l’hébétitude, la dépression et la phobie de l’extérieur. Drogué aux anti-dépresseurs, il a sombré dans l’apathie et l’anesthésie. Suite au décès de son seul amour et anesthésié par la douleur de la perte, les souvenirs remontent à sa mémoire. Il quitte soudainement son appartement dont il jette les clés dans les égouts et passe un pacte avec la rue qui le ferait redevenir humain. Commence alors une longue errance dans son quartier, le 20ème arrondissement de Paris. Vide de tout, sauf de son rire, il redécouvre l’extérieur, les bruits, la lumière, les saisons et il voit les invisibles, ceux qui s’incrustent dans le trottoir. Chaque jour de la semaine est rythmé par les rencontres rituelles avec Emma, jeune femme anorexique, Ella, collégienne, Martha, septuagénaire perdue au Père Lachaise, Carla, caissière… et tant d’autres femmes échouées comme lui dans la rue, Aimée, exposée à la vue de tous sur une bouche d’aération du métro, Layla, la méditerranéenne qui lui rappelle son Liban natal, source de cauchemars du temps de la guerre civile. La narration alterne entre « mémoire poétique » et quête de l’humanité en tout un chacun et de la délivrance de l’inhumain en nous. Magistral, bouleversant, intelligent, le 2ème roman de Dima Abdallah confirme son talent de conteuse humaniste !